Présidence maltaise : 3 priorités à retenir

Elections en Europe, Brexit, montée des populismes, l’année 2017 est  pleine d’incertitudes pour l’Union européenne. Malte, le plus petit pays de l’UE vient de prendre les rênes du Conseil européen – jusqu’à juin – et devra faire face à de nombreux obstacles.

C’est fait. Depuis le début du mois, Malte, le plus petit pays de l’UE, vient de prendre – pour la première fois – la présidence du Conseil européen. Dans une Europe fragmentée, le gouvernement maltais ne rêve pas de grandeur, et propose un programme pragmatique, souhaitant toucher les citoyens et les réunir.

Migrants : venir en aide aux pays du Sud

Et, c’est sans surprise pour une île si proche des côtes africaines, que la crise migratoire sera l’une des priorités de ces prochains six mois de la présidence maltaise. Malte, un des pays ayant le mieux respecté son quota – 425 réfugiés accueillis, 9 pour 10 000 habitants – souhaite accélérer l’application de l’accord sur la répartition des migrants en Europe. Martine Cassar, la commissaire aux réfugiés, a affirmé « nous voulons aussi concrétiser le plan d’investissement dans les pays africains, acté l’an dernier au sommet Euro-Afrique de La Valette. Car le développement là-bas est la seule façon de stopper le phénomène migratoire ». Lors de réunions qui se sont déroulées depuis le début du mois, les commissaires ont précisé leur envie de travailler ensemble afin de résoudre les divergences entre les gouvernements nationaux, permettant alors une réelle solidarité et une responsabilité sur la question des flux. Mais ils ont aussi reconnu que le système de Dublin devrait être réformé tout en obligeant les Etats membres à respecter leurs engagements. Un nouveau système d’entrée et de sortie, prévu au sein de la « législation intelligente » devrait voir le jour avant la fin de la présidence, en juin 2017.

Brexit, vers un accord final ?

Si Londres confirme son envie de sortir de l’Europe, et déclenche – comme prévu – l’article 50 en mars prochain, le Brexit sera un autre sujet important pour cette nouvelle présidence. Ancienne colonie britannique, La Valette – capitale de Malte – aura pour mission d’organiser les négociations de séparation entre l’Union et le Royaume-Uni. Jean-Claude Juncker a alors affirmé, lors d’une conférence de presse, que  « l’UE devait montrer que le départ de Londres ne signifiait pas la fin de l’intégration européenne. Considérer le Brexit comme le début de la fin serait une grave erreur ». Une aubaine pour Malte, qui est surtout bien placée pour gérer ce conflit. Depuis son entrée dans la zone euro en 2008, le pays n’a été que très peu touché par la crise financière, et semble se porter bien mieux que certains autres pays de la rive méditerranéenne.

Une relance de la politique européenne de voisinage (PEV)

Depuis trop longtemps mise de côté, la politique européenne de voisinage est un autre point important de cette nouvelle présidence. Malte souhaite soigner ses relations avec ses pays voisins, tout en tentant de rapprocher ses citoyens. La stabilisation des conflits, principalement en Syrie et Libye, sera le défi de ces prochains mois. En prenant la présidence tournante de l’UE, le gouvernement maltais a annoncé qu’il était nécessaire pour l’Europe de « dialoguer avec la Libye pour lutter contre le trafic de migrants », affirmant qu’il fallait se rendre « dans les eaux territoriales de la Libye ». Mais outre les questions migratoires, il est important de venir en aide aux pays de la rive sud, et enfin, de permettre la réelle utilisation d’un outil trop souvent oublié. Dans la même perspective, la présidence maltaise veut se pencher sur les négociations en cours concernant le conflit israélo-palestinien. Mais les deux parties ne semblent pas en adéquation avec les objectifs de l’Europe et Israël a même affirmé, dimanche dernier, que « la communauté internationale doit cesser de donner des leçons à Israël concernant le conflit israélo-palestinien ». Un défi de taille pour ce petit Etat.

2017 sera une année politique délicate pour l’Union européenne. Cette nouvelle présidence ne compte pas faire des miracles en seulement 6 mois, mais espère un peu plus rassembler les citoyens autour des mêmes idéaux européens.

 

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