Agences européennes : goodbye London

Lundi 20 octobre, Paris et Amsterdam ont été choisies pour accueillir les deux agences européennes basées à Londres. Le début du divorce entre l’UE et le Royaume-Uni.

C’est fait. Les 27 ont tranché : les deux agences européennes présentes à Londres connaissent leur future destination. L’Autorité bancaire européenne (EBA) déménagera à Paris, et l’Agence européenne des médicaments (EMA) à Amsterdam, sitôt le Brexit déclenché, en mars 2019.

Londres avait bien essayé de négocier un maintien de ses agences sur son sol, ou même proposé d’intégrer la question dans l’un des chapitres des négociations du Brexit, mais pour la Commission, il n’y a jamais eu débat : les deux agences doivent être implantées sur le territoire de l’Union européenne.

Des retombées économiques pour les villes d’accueil

Les enjeux sont de taille. L’EBA, chargée de maintenir la stabilité financière dans l’UE avec des tests de résistance sur les banques, emploie 170 employés. L’EMA, qui évalue et supervise les médicaments, en emploie près de 900. Et les deux agences génèrent des flux de visiteurs sources de retombées économiques significatives pour les villes.

Des enjeux bien compris par les villes candidates, 23 en tout (8 pour l’EBA, 19 pour l’EMA, 4 villes ayant présenté deux candidatures), départagées lundi dernier par un vote à bulletin secret des 27 ministres de l’UE, en trois tours, le dernier au tirage au sort. Vingt-trois villes qui ont cherché à convaincre les votants de leurs atouts, depuis le 31 juillet, date de clôture des candidatures.

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Des atouts à faire valoir

Paris, qui l’a emporté sur le fil face à Dublin, a convaincu grâce à ses écoles internationales, son système de sécurité sociale, sa promesse d’aider les conjoints des fonctionnaires européens dans leur recherche d’emploi, et l’enveloppe de 1,5 million d’euros destinée à couvrir les frais d’hébergement. Avec l’EBA, Paris comptera donc, sitôt le déménagement concrétisé, quatre agences européennes, les trois autres étant l’Office commun des variétés végétales, l’Agence de l’UE pour les chemins de fer et l’Autorité européenne des marchés financiers. Un nouvel argument de poids pour convaincre les banques étrangères de la City de venir s’implanter à Paris plutôt qu’à Francfort.

C’est sa proximité avec les autres instances européennes qui a permis à Amsterdam de remporter quant à elle l’Agence des médicaments, elle aussi d’un rien face à Milan au dernier tour. Lille, longtemps pressentie en France, n’a pas su convaincre de ses atouts. Mais difficile de s’aligner sur l’exemption d’impôt de 30% pendant 8 ans pour les fonctionnaires européens de l’EMA proposée par Amsterdam. « Une bonne nouvelle pour tous les patients en Europe » a réagi le Premier ministre néerlandais Mark Rutte.

Londres paiera la facture

« Quel que soit le résultat, le véritable vainqueur du vote d’aujourd’hui, c’est l’Europe à 27. Organisés et prêts pour le Brexit » twittait lundi Donald Tusk, Président du Conseil, avant le vote. Une démonstration d’unité de la part des 27, certes, qui ne doit pas occulter les zones d’ombre.

Le fait que Paris et Amsterdam, deux capitales des pays fondateurs de l’Union européenne, aient été choisies au détriment d’autres villes candidates comme Varsovie, Bratislava, Zagreb, ou encore Bucarest ou Sofia, ne va pas vraiment dans le sens d’une intégration des pays récemment arrivés dans l’UE.

Et le vote de lundi ne doit pas occulter le fait que, comme le rappelle la Commission, la relocalisation des agences est « le premier résultat visible de la décision des Britanniques de quitter l’UE ». Un choix de plus en plus difficile à assumer, d’autant que c’est bien le Royaume-Uni qui devra financer le déménagement des agences.

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