Que s’est-il passé en Europe cette semaine ? (27.11 – 03.12)

Suicide d’un général au procès des responsables croates du génocide de Srebrenica, incertitude sur l’avenir de l’île irlandaise, rencontre entre dirigeants européens et africains, vote sur la question du glyphosate… Retour sur l’actualité européenne de la semaine.

AFRIQUE : L’UE s’invite sur le continent

Le cinquième sommet Union européenne – Union africaine s’est tenu jeudi dernier à Abidjan, en Côte d’Ivoire. L’occasion pour les dirigeants européens et africains de revenir sur les questions migratoires, surtout après la diffusion sur CNN d’une vente aux enchères de migrants par des passeurs en Libye. C’est tout naturellement que la discussion euro-africaine s’est orientée autour de cette question, avec une volonté évidente de lutter contre les criminels de ce type. Deux jours plus tôt, Emmanuel Macron prononçait un discours à Ouagadougou devant des étudiants burkinabè. Ce premier discours sur l’Afrique et ses relations avec la France, a reçu des avis controversés dans la presse du pays, qui ont par exemple tiré la conclusion suivante ; « Il est venu, il a parlé, et après ? ».

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CROATIE : suicide de l’ancien général

Mercredi a eu lieu le dernier procès du tribunal pénal international de la Haye pour l’ex-Yougoslavie. Six anciens responsables croates de Bosnie-Herzégovine étaient accusés d’avoir participé au génocide de Srebrenica. Mais, coup de théâtre, à l’annonce d’une condamnation à vingt ans de prison, l’un des accusés, l’ancien général croate Slobodan Praljak, a avalé du poison en pleine audience, et est décédé à l’hôpital de la Haye, peu de temps après. Ce scandale risque de faire monter les tensions dans la région. En effet, le premier ministre croate, Andrej Plenkovic, s’est déjà exprimé, considérant le verdict comme injuste.

BREXIT : vers le divorce des deux Irlandes ?

Cette semaine était l’occasion pour le gouvernement britannique d’engager les conversations sur l’Irlande du Nord. En effet, après la sortie effective du Royaume-Uni de l’Union européenne, l’île pourrait être scindée en deux par le retour d’une frontière physique entre la République d’Irlande et sa voisine extra-européenne d’Irlande du Nord. A ce titre, Theresa May envisageait de déléguer certaines compétences au gouvernement d’Irlande du Nord, en matière de douanes notamment. Les Irlandais redoutent quant à eux que les Britanniques s’engagent dans un Brexit « dur », et l’apparence d’une frontière physique. Enjeux économiques bien sûr, mais sécuritaires surtout, d’autant que le divorce entre les deux Irlandes pourrait raviver les tensions qui avaient conduit au conflit nord-irlandais à la fin du siècle précédent.

GLYPHOSATE : Les États ont tranché

Les États européens se sont exprimés lundi en faveur d’une nouvelle autorisation de l’utilisation du glyphosate pour cinq ans. En effet, 18 pays, représentant près de 65,71% de la population de l’UE, se sont exprimés en faveur de la proposition de la Commission européenne, face à 9 qui y étaient opposés. La France s’est maintenu dans sa détermination « à sortir de l’utilisation de cette substance », selon les mots de la secrétaire d’État de Nicolas Hulot, Brune Poirson. L’Allemagne, la Roumanie, la Pologne et la Bulgarie, qui s’étaient abstenus lors du vote précédent, ont finalement choisi la réautorisation du glyphosate. La décision a provoqué de vives réactions. Pour certains, comme les ONG Générations Futures, Foodwatch et la Ligue contre la cancer, la décision est scandaleuse. Pour d’autres, comme la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), c’est une bonne nouvelle, considérant qu’aucune solution viable n’a été trouvée pour remplacer le glyphosate.

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