Que s’est-il passé en Europe cette semaine ? (12.02 – 18.02)

Jean-Claude Juncker exprime son souhait de réforme des institutions européennes, Boris Johnson fait du zèle, relations toujours compliquées entre Zagreb et Belgrade, léger dégel entre l’Allemagne et la Turquie, centenaire de la Lituanie : l’actualité européenne de la semaine en cinq infos.

EUROPE – Jean-Claude Juncker fait part de sa volonté de réforme des institutions

Ce mercredi 14 février, Jean-Claude Juncker a donné une de ses rares conférences de presse à Bruxelles, la quatrième depuis 2014. Avec les élections européennes de 2019 dans le viseur, il a émis quelques propositions de réformes visant à renforcer le lien distendu entre électeurs et élus. M. Juncker souhaite ainsi entériner le principe des Spidzenkandidaten, selon lequel la Présidence de la Commission revient au candidat tête de liste dont le parti est arrivé en tête des élections. M. Juncker a d’ailleurs déclaré que « le président de la Commission devrait être élu au suffrage universel ». Une initiative saluée par le Parlement européen, qui y voit une mesure de transparence et un moyen de renforcer la légitimité politique de la Commission. Jean-Claude Juncker a aussi exprimé son souhait de fusionner les présidences de la Commission et du Conseil européen, dans une optique d’accroître l’efficacité des institutions. Une simple annonce pour l’instant.

BREXIT – Boris Johnson défend un Brexit « libéral »

Outre-Manche, le Secrétaire d’État aux Affaires étrangères britannique Boris Johnson a prononcé un discours attendu et remarqué sur les perspectives de sortie de l’Union européenne du Royaume-Uni. Alors que les voix militant pour un second référendum se font de plus en plus entendre, M. Johnson a souhaité tendre la main aux 48% de Remainers, indiquant comprendre leur « sentiment de douleur et d’isolement ». Cette politique des yeux doux amorcée le jour de la Saint-Valentin n’a pas manqué de faire réagir les médias britanniques et internationaux. Dans les faits Boris Johnson continue de défendre les vertus d’un Brexit dur, un Brexit « libéral », mettant en avant les « libertés » économiques qu’entraineraient selon lui le retrait du Royaume-Uni de l’UE. Problème : le Secrétaire d’État court-circuite ainsi une nouvelle fois sa Première ministre, qui ne réussit pas encore à se prononcer sur les limites du Brexit.

CROATIE – Froide rencontre à Zagreb entre les présidents serbes et croates

C’est par un comité de nationalistes et de vétérans de la guerre de Croatie qu’a été accueilli ce lundi 12 février le président serbe Aleksandar Vučić. Invité par son homologue croate Kolinda Grabar-Kitarović, cet ancien ultra-nationaliste serbe a été élu en mai 2017 au premier tour de l’élection présidentielle en jouant la carte pro-européenne.

Il s’agissait de normaliser les relations serbo-croates, Mme. Grabar-Kitarović reconnaissant lundi que « les relations entre la Serbie et la Croatie sont alourdies par le passé». Cependant, les deux présidents se sont donné 100 jours pour « changer le climat » entre leurs pays. Au cœur des discussions : les questions frontalières et la recherche des milliers de personnes toujours portées disparues pendant la guerre, avec en vue une éventuelle adhésion de la Serbie à l’Union européenne.

TURQUIE – Libération du journaliste germano-turc Deniz Yücel

Le journaliste germano-turc Deniz Yücel a été libéré ce vendredi de sa geôle de Siliviri, près d’Istanbul. Incarcéré depuis le 14 février 2016, il n’est encore qu’en liberté conditionnelle, en attente de son procès pour « propagande pour le compte d’une organisation terroriste ». L’acte d’accusation du bureau du procureur d’Istanbul le menace de quatre à dix-huit ans de prison. Cependant, le correspondant du quotidien allemand Die Welt devrait pouvoir rentrer en Allemagne.

Deniz Yücel couvrait régulièrement la répression systématique des opposants au président turc mise en place après le coup d’Etat manqué de juillet 2016. Sa libération intervient à la suite d’un entretien jeudi entre Angela Merkel et le Premier ministre turc, Binali Yıldırım. Cette décision de la justice turque est le signe du premier dégel depuis longtemps entre la Turquie et l’Allemagne, qui ne manque pas de souligner qu’il existe encore des « sujets de dissonance ».

LITUANIE – 100 ans d’indépendance

La Lituanie fêtait ce vendredi 16 février le centenaire de sa déclaration d’indépendance, une date importante pour ce pays longtemps tiraillé entre l’Allemagne et la Russie. Intégré à l’empire russe à la fin du 18ème siècle et jusqu’en 1918, elle goûte à l’indépendance durant l’entre-deux-guerres. Elle est envahie pour la première fois par l’Union soviétique en 1940, avant d’être occupée par l’Allemagne nazie. A la fin de la guerre, l’URSS l’annexe. Cette annexion dure de 1944 à 1990, date à laquelle elle retrouve son indépendance.

La Lituanie fait partie de l’OTAN et de l’UE depuis 2004, et affiche aujourd’hui une croissance économique stable. Elle fait cependant face à un problème important d’émigration de sa population, et son accroissement naturel est négatif. L’annexion de la Crimée par la Fédération de Russie en 2014 a inquiété ce pays d’à peine 3 millions d’habitants. La présidente lituanienne, Dalia Grybauskaitė, a d’ailleurs rappelé devant plusieurs dirigeants européens vendredi que son pays avait « de vrais amis et alliés, et le soutien de leurs bras puissants ».

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