Que s’est-il passé en Europe cette semaine ? (05.11 – 11.11)

Commémorations du 11 novembre, nouveau leader pour les droites européennes, ralentissement de la croissance de l’UE, première réunion de l’IEI, désignation du futur « gendarme bancaire européen » : les actualités européennes de la semaine

Commémorations du centenaire de l’armistice de la Grande Guerre à Paris

Paris accueillait dimanche la commémoration du centenaire de l’armistice de la Grande Guerre. 72 chefs d’Etats et de gouvernement, dont Vladimir Poutine, Angela Merkel, Recep Tayyip Erdogan et Donald Trump, étaient présents. Après la cérémonie militaire et la lecture de témoignages de 1918 par des lycéens, Emmanuel Macron a prononcé un discours de rassemblement. En évoquant la mémoire de la Guerre, le président français a appelé au « combat pour la paix » et au « refus du repli, de la violence et de la domination. », rappelant la nécessité du multilatéralisme et le danger du nationalisme. Dimanche après-midi, les dignitaires étaient attendus au Forum de la Paix en compagnie de représentants d’ONG, d’entrepreneurs et de membres de la société civile pour débattre de la gouvernance mondiale. Un évènement boudé par le président américain.

L’Allemand Manfred Weber élu leader des droites pour les élections européennes

Le congrès du Parti populaire européen (PPE) se réunissait, jeudi 8 novembre, à Helsinki afin de désigner son leader pour les élections européennes de mai 2019. Sans grande surprise, Manfred Weber a battu le finlandais Alexander Stubb en obtenant 492 voix sur 619. L’actuel président du groupe au parlement avait reçu un soutien quasi-unanime des dirigeants du PPE, notamment ceux d’Angela Merkel, de Viktor Orban et de Laurent Wauquiez. Réputé pour sa simplicité, le chrétien-démocrate avait annoncé durant sa campagne la nécessité de « lutter contre la migration illégale ».

Par cette nomination, Manfred Weber brigue désormais la présidence de la Commission européenne en vertu du principe du « Spitzenkandidat » (« tête de liste »). Ce dernier implique que le siège soit attribué au leader du parti arrivé en tête des élections européennes. Mais rien n’est joué pour le bavarois car il revient au Conseil Européen d’approuver le président. Or, l’absence d’expérience gouvernementale de l’eurodéputé, à laquelle s’ajoute le risque de recul du PPE aux prochaines élections, affaiblit sa candidature. Le Conseil pourrait lui préférer celui ou celle qui parviendrait à former une coalition de partis pro-européens au parlement. Dans cette course, Michel Barnier, négociateur du Brexit et Margrethe Vestager, la commissaire danoise à la concurrence, sont considérés comme les adversaires sérieux de Manfred Weber.

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La croissance faiblit dans la zone euro

La zone euro a enregistré sa plus faible croissance depuis plus de deux ans: l’indice Markit, mesurant l’activité globale, aurait chuté d’1 point en septembre, pour atteindre 53,1. Des résultats qui vont de le sens de la Commission européenne et de la BCE. La première avait annoncé, fin octobre, une chute du PIB au troisième trimestre à 0,2% contre 0,4% pour les deux premiers. La seconde a quant à elle abaissé ses exigences à 2% de croissance du PIB en 2018. A l’origine du ralentissement, les experts de Markit évoquent la hausse des prix de l’énergie qui affecte les coûts de productions des entreprises, mais également le renchérissement du coût du travail. A ces facteurs s’ajoutent les désaccords commerciaux avec la Chine et les Etats-Unis à l’origine d’un phénomène de repli de confiance et d’une baisse des exportations.

Première réunion de l’IEI: L’autonomie militaire de l’Europe, du projet au concret

Les ministres de la défense des dix Etats signataires de l’Initiative européenne d’intervention ( France, Allemagne, Belgique, Danemark, Pays-Bas, Estonie, Espagne, Portugal, Royaume-Uni, Finlande) se sont rencontrés à Paris ce mercredi 7 novembre, pour la toute première fois. Née le 25 juin à l’initiative de la France, l’IEI a pour objectif d’intensifier les échanges entre les Etats-majors des différents pays pour réagir de manière coordonnée « en cas de besoin lors d’une opération militaire classique, d’une catastrophe naturelle ou d’une évacuation de ressortissants ». Plus concrètement, l’initiative vise surtout à créer une force de défense du vieux continent face à la menace Russe. Son calendrier coïncide par ailleurs avec la sortie prochaine du Royaume-Uni. Un évènement qui affecte d’autant plus les capacités de défense de l’Union Européenne que les critiques de Donald Trump vis à vis de l’Otan mettent en doute le soutien de Washington en cas d’agression.

L’Italien Andrea Enria désigné comme nouveau gendarme bancaire européen

La Banque centrale européenne a désigné mercredi 7 novembre celui qui succèdera à la Française Danière Nouy au 1er janvier 2019. Si les institutions européennes valident cette proposition, l’italien Andrea Enria, actuel patron de l’Autorité bancaire européenne prendra la tête du Mécanisme de surveillance unique (MSU). Le rôle du « gendarme » est de superviser les 118 plus grandes banques européennes.

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