Quels défis pour l’économie européenne de la mer ?

Confrontée aujourd’hui à une nécessité de mutation pour assurer sa survie, l’Union européenne voit dans l’économie de la mer un secteur très favorable pour son avenir économique.

L’Europe est traditionnellement un continent tourné vers l’exploitation maritime et est de fait la première puissance mondiale dans ce domaine. Sa position stratégique, favorable à l’expansion maritime et au commerce international, lui a permis de développer un réseau maritime riche et diversifié. Son accès privilégié essentiellement aux eaux de l’Arctique, de l’Atlantique et de la Méditerranée a fait de l’économie maritime une des principales sources de richesses du continent européen. Le potentiel stratégique et économique de la mer concerne les aires traditionnelles telles que les transports maritimes, la construction navale, la pêche, le tourisme et la recherche maritime.

La mer est l’avenir économique de l’Europe

Selon le rapport publié par l’OCDE en avril 2016, « Ocean Economy in 2030 » , l’économie de la mer représentait 1 500 milliards de dollars, soit 2,5 % de la richesse mondiale en 2010. Cette part augmente rapidement et pourrait doubler d’ici 2030. Cette dynamique concerne directement l’Europe puisque l’économie « bleue » représente en effet 5,4 millions d’emplois en Europe, et une valeur ajoutée brute de près de 500 milliards d’euros par an.

Les dirigeants européens ont compris depuis longtemps l’intérêt stratégique des mers et des océans pour l’Europe, qui sont le moteur de l’économie européenne mais qui demandent un investissement considérable en matière d’innovation afin de concurrencer les autres puissances maritimes mondiales. Ainsi, l’Union européenne a mis au point une stratégie, « la Croissance bleue », visant à soutenir la croissance intelligente, durable et inclusive du secteur marin sur le long terme par le biais d’une politique maritime intégrée dans le cadre de la Stratégie Europe 2020.

Le Commissaire européen pour la recherche, l’innovation et la science – Carlos Moedas – a ouvert la Conférence de la Mer, sur le thème « Croissance bleue » qui a eu lieu à Lisbonne, le 10 juillet dernier, et a tenu à faire remarquer le rôle qu’aura la mer dans la croissance de l’Europe et du Monde. Il a signalé l’importance d’investir dans la science pour exploiter les richesses de la mer de manière durable.

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Les enjeux de la mer pour l’Europe

Le développement des industries maritimes et des énergies marines permettrait aux Européens d’atteindre leurs objectifs d’indépendance énergétique favorisant les énergies renouvelables et la lutte contre le réchauffement climatique.

Mais les efforts actuels semblent insuffisants, et les régions pourraient jouer dans l’avenir un rôle clé puisqu’elles investissent aujourd’hui fortement dans les industries maritimes. Leurs stratégies de spécialisation, qui orientent l’utilisation des fonds structurels, reflètent les priorités des entreprises et des territoires. L’Europe peut s’appuyer sur elles, notamment pour mettre en évidence des carences dans le soutien financier aux projets maritimes risqués, et développer des dispositifs aptes à y remédier.

Des collaborations se mettent en place actuellement entre différentes régions et territoires européens en vue de développer les politiques de soutien aux PME des industries maritimes. C’est le cas du programme Interreg « Espace Atlantique » qui regroupe 37 régions européenne bordées par l’Océan atlantique sur cinq États membres et possède un budget de 185 millions d’euros. L’investissement dans la formation doit également être une priorité et pour cela a été mis en place l’initiative « Vasco da Gama » menée par la Conférence des régions périphériques maritimes (CRPM).

L’Europe face aux défis de l’aventure maritime

Le défi pour les Européens est de permettre le développement de certains aspects de la politique maritime afin de redynamiser ce secteur essentiel pour l’avenir économique de l’Europe. Il y a un double enjeu pour les États-membres : améliorer l’accès aux informations sur la mer et connaître plus profondément ce qui se passe en mer, et veiller au même temps à une gestion efficace et durable des activités en mer. Les principales cibles de l’activité maritime pour l’Europe sont aujourd’hui l’aquaculture, le tourisme côtier, la biotechnique marine, l’énergie et l’exploitation minière des fonds marins.

L’Union européenne a consacré plus de 800 millions d’euros pour le financement de la recherche marine et maritime depuis le lancement du programme Horizon 2020 mais il demeure insuffisant et l’Europe doit chercher à convaincre les investisseurs de prendre part aux initiatives de recherche, limitées aujourd’hui par les craintes liées aux technologies maritimes innovantes, très coûteuses et peu connues.

L’Europe doit veiller également à ce que ses partenaires maritimes s’intéressent aux questions de la « Croissance bleue » pour redynamiser tout l’espace maritime mondial. Un consensus s’est formé au sein des dirigeants européens pour intégrer les questions relatives aux océans dans l’agenda politique international. L’ONU a, par exemple, intégré dans ses objectifs de développement durable la conservation et l’utilisation des océans.

Les mers et les océans représentent pour l’Europe un potentiel gigantesque de croissance et emplois et dans ce sens, les dirigeants européens doivent concentrer leurs attentions dans le développement de l’espace maritime européen, qui pourra être à l’avenir un des principaux piliers du projet européen.

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