Que s’est-il passé en Europe cette semaine (09.10 – 15.10) ?

Balbutiements d’une justice communautaire, élections législatives en Autriche, vaines négociations sur le Brexit, avancées spatiales pour l’Europe et drapeau européen dans la tourmente, voici l’actualité de la semaine écoulée en Europe.

Parquet européen : vers une justice communautaire

Jeudi 12 octobre, vingt ministres de la justice européens ont approuvé la création d’un parquet européen, qui a été rejeté par les huit autres (Royaume-Uni, Irlande, Danemark, Pays-Bas, Suède, Malte, Hongrie et Pologne). Il aura pour objectif de « combattre les infractions pénales portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union« , au premier plan desquels, la fraude aux subventions européennes, la fraude à la TVA, la corruption… Le bureau du futur procureur sera situé au Luxembourg, et les juristes du Parquet européen pourront s’appuyer sur les données de l’Office anti-fraude, sur Europol et sur Eurojust, des agences qui jusque là servaient surtout à coordonner la coopération policière et judiciaire des Etats membres. Le Parquet européen est le premier jet d’un futur système judiciaire communautaire. En effet, actuellement cantonné à des prérogatives financières, il pourrait être étendu au terrorisme et à la criminalité organisée.

Elections autriche : Sebastian Kurz, un homme pressé

Les Autrichiens votent ce dimanche pour leurs députés et leur chancelier. En décembre dernier, ils avaient élu Alexander Van der Bellen, écologiste de gauche à la Présidence. Ce dernier avait déjà été élu en avril 2016, mais le candidat d’extrême-droite nationaliste Norbert Hofer avait réussi à faire invalider et reporter le scrutin, avant d’être largement battu. Mais le président autrichien partage le pouvoir avec le chancelier. Depuis mai 2016, il s’agissait de Christian Kern, ancien journaliste, et membre du parti social-démocrate. La cohabitation risque de se passer moins bien avec le gagnant des élections, Sebastian Kurz. Ce conservateur pourrait donner un coup de vieux à Emmanuel Macron : du haut de ses 31 ans, il est le plus jeune chef d’État d’Europe. Nommé Secrétaire d’État à 24 ans, alors même qu’il n’avait pas fini ses études de droit, il est devenu le plus jeune ministres des Affaires étrangères d’Europe à 27 ans. S’il est volontiers comparé à Macron pour sa carrière éclair, le jeune homme n’a pas de diplômes, n’a pas créé de nouveau parti, mais a modernisé la droite conservatrice, et ne partage pas les idées du Président français. Protectionniste, libéral mais non en faveur de la construction européenne, avec un discours dur sur l’immigration, le jeune loup est loin de la bienveillance européiste prônée par la République en Marche.

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Brexit : les négociations s’embourbent

Le calendrier idéal de négociations prévu en avril par le Conseil européen ne sera pas respecté. Pour cela, il aurait fallu que l’Union européenne et le Royaume-Uni s’entendent sur trois points, impératifs pour les 27 : le règlement de la facture du Brexit, le sort des expatriés et les conséquences du Brexit sur l’Irlande. Or, depuis plusieurs mois, c’est la question financière qui bloque toute avancée des négociations. Londres refuse de payer l’intégralité de ses engagements pris avant le référendum sur le Brexit, et demande à arriver au plus vite aux négociations concernant le futur accord entre l’UE et le Royaume-Uni. Le négociateur européen, Michel Barnier, a fait état d’une “impasse extrêmement préoccupante”.

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Assemblée nationale : rififi autour du drapeau européen

Le 12 octobre, l’Assemblée nationale a rejeté l’amendement de la France insoumise demandant le retrait de l’hémicycle du drapeau européen. Le parti présidé par Jean-Luc Mélenchon affirme que le drapeau européen est un symbole religieux incompatible avec la laïcité française. Pas entièrement faux, puisque son créateur, le peintre strasbourgeois Arsène Heitz a admis s’être inspiré de la médaille de la Vierge miraculeuse pour créer l’emblème. Mais cette déclaration était bien ultérieure à l’adoption du drapeau, d’abord par le Conseil de l’Europe, puis par les Institutions européennes. De plus, les attributs du drapeau ont une forte portée symbolique pour l’Europe : les institutions voyaient dans le bleu un ciel sans nuage, dans l’or la grandeur et le succès de la construction européenne. Les douze étoiles représentent le zodiaque, et le chiffre douze n’a pas qu’une symbolique religieuse. Il s’agit des mois de l’année, et des heures du jour, sur une horloge occidentale. Enfin, en symbolisme, le chiffre douze évoque la plénitude, ce qui est achevé, un ensemble harmonieux et complet. Quoi qu’il en soit, l’amendement des Insoumis a été retoqué, et le Président de la République s’est engagé à signer la Déclaration 52 du Traité de Lisbonne, reconnaissant durablement les symboles de l’Union européenne, au cours du prochain Conseil européen, qui se tiendra à Bruxelles à la fin de la semaine.

Sentinel 5P, au secours de l’atmosphère

Le satellite Sentinel 5P, de l’Agence spatiale européenne, a été mis en orbite vendredi. Il fait partie de Copernicus, un “programme européen de surveillance de la Terre”, qui collecte des données sur notre planète, en particulier sur le plan environnemental. Ce nouveau satellite a pour particularité d’étudier les polluants de l’atmosphère, grace à un outil, Tropomi, qui mesurera les concentrations d’aérosols et de gaz à l’état de traces, et dont la grande sensibilité pourra mesurer les nuances entre des quartiers d’une même ville. Il rejoint les autres satellites, qui ont tous une fonction particulière.

Sentinel-1 fournit des images radar de jour comme de nuit pour les services terrestres et océaniques.

Sentinel-2 fournit des images optiques à haute résolution pour les services terrestres. Il fournit par exemple des images de la végétation, de la couverture des sols et des eaux, des voies navigables intérieures et des zones côtières.

Sentinel-3 fournit des données optiques, radar et altimétriques de haute précision pour les services maritimes et terrestres. Il mesure des variables telles que la topographie de la surface de la mer, la température de surface de la mer et de la terre.

Sentinel-4 sera lancé en 2019 et fournira des données pour la surveillance de la composition atmosphérique.

Sentinel-5 sera lancé en 2021 et sera également dédié à la surveillance de la composition de l’atmosphère et fournira des mesures précises des principaux composants de l’atmosphère tels que l’ozone, le dioxyde d’azote, le dioxyde de soufre, le monoxyde de carbone, le méthane, le formaldéhyde et les aérosols.

Sentinel-6 fournira une altimétrie de haute précision pour mesurer la hauteur globale de la surface de la mer, principalement pour l’océanographie opérationnelle et pour les études climatiques. Il sera lancé en 2020.

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Elena Blum
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Ancienne présidente d'Eurosorbonne, co-fondatrice du journal, journaliste professionnelle, j'aime le bourgogne blanc, les chats et l'idée d'une Europe sociale.
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