Que s’est-il passé en Europe cette semaine (4.12- 10.12) ?

De nouvelles avancées sur le dossier Brexit, cohésion et accord dans l’Union Européenne, essoufflement politique en Allemagne, tour d’horizon de ce qu’il s’est passé en Europe cette semaine. 

BREXIT : Un premier accord à l’avantage de l’Union européenne

Nouveau coup de tonnerre dans l’affaire Brexit. Ce vendredi 8 décembre, Jean-Claude Juncker (président de la Commission européenne) et Theresa May (Première Ministre britannique) ont annoncé avoir trouvé un terrain d’entente leur permettant d’engager la deuxième phase des négociations. Alors que le Royaume-Uni se pensait en position de force, celui-ci à du revoir ses exigences à la baisse. Bilan de l’opération : une prise d’engagement concernant la frontière entre les deux Irlande, un potentiel alignement sur les règles du marché commun ainsi qu’une facture salée annoncée aux alentours de 50 milliards d’euros. Rappelons la grande implication du négociateur européen pour le Brexit, Michel Barnier. Depuis le début, le Français défend bec et ongles les intérêts de l’Europe à 27. Sa démarche semble porter ses fruits même si l’affaire est loin d’être terminée. Si l’Union Européenne reste campée sur ses positions ce qui a l’air de lui réussir, le Royaume-Uni quant à lui se retrouve en fâcheuse posture. Coup dur pour Theresa May qui doit jongler entre ses interlocuteurs européens et les troubles intérieurs qui secouent son pays et sa fragile majorité gouvernementale.

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EUROPE : Une nouvelle étape pour plus de cohérence commerciale

Ce mardi 5 décembre, marque la fin d’une discussion de premier plan entamée par les États membres en 2013. Un accord à été trouvé en matière de protection contre le dumping, cette pratique qui consiste à vendre des marchandises dans un autre pays à un prix inférieur à celui pratiqué à domicile. Grâce à cela, les prérogatives de la Commission européenne se voient renforcées par plusieurs mesures opportunes. Temps d’enquêtes réduits, taxes antidumping rehaussées et possibilité de suspendre la loi de moindre droit (qui consiste à imposer un droit de douane en fonction du préjudice subi par une entreprise plaignante et non proportionnel la plupart du temps au niveau objectif du dumping réalisé) chère aux pays scandinaves. L’accord vise en particulier les marchandises venues de Chine. Bien qu’il s’agisse d’une bonne nouvelle d’un point de vue de l’organisation de l’Union Européenne, certains élus ne cachent pas leur déception face à une avancée qu’ils trouvent bien en deçà de ce qu’ils estimaient nécessaire.

ALLEMAGNE :  le retour de Martin Schulz et de la grande coalition ?

Martin Schulz peut être soulagé, le 7 décembre dernier, les délégués de son parti (SPD) l’ont réélu. L’ancien président du Parlement Européen l’a emporté avec 81,9% des voix. Il se tiendra à la table des négociations avec la chancelière Merkel (CDU) et Horst Seehofer (CSU), dès mercredi prochain. En effet, malgré le soutien de la CSU bavaroise, la chancelière est toujours à la recherche d’un autre allié pour constituer son gouvernement. Si l’idée d’une grande coalition (CDU/CSU – SPD) à l’instar de ces quatre dernières années, semble tenter Angela Merkel, Martin Schulz quant à lui marche sur des œufs. Une grande partie des délégués SPD, sont contre l’idée de retenter l’expérience. Beaucoup sont convaincus que c’est cette organisation politique qui leur a valu le score le plus bas de leur histoire (20,4%) aux élections législatives de septembre dernier.  L’amertume se fait sentir, ils estiment que le gouvernement n’a pas mis en place assez de mesures proposées par le SPD et que de fait, il serait incohérent de retenter l’expérience. Une situation tendue en Allemagne qui pourrait bien se solder, rappelons-le, par l’obligation de réorganiser des élections si aucun accord ne parvient à être trouvé.

FINANCE : la liste noire de l’UE dévoilée

Luxleaks, Panama Papers, et plus récemment Paradise Papers, tous font écho à des scandales financiers qui impliquent de l’évasion fiscale massive dans le monde offshore. L’UE vient de publier sa liste noire de paradis fiscaux le 5 décembre dernier. Résultat : 17 noms mis au ban parmi lesquels les Îles Marshall, l’Île de Guam, le Panama ou encore la Tunisie. La liste qui comportait originellement 29 entrées s’est donc vue raccourcie. Si les ministres des finances de l’UE ont estimé que certains pays avaient donné des preuves conséquentes de leur volonté à redresser la barre (Cap-Vert et Maroc) d’autres noms ont atterri sur des listes annexes. Ainsi la publication de la fameuse liste noire était accompagnée d’une liste grise et d’une liste « hurricane ». La première concerne des pays qui ont entamé des changements satisfaisants mais encore insuffisants en matière de transparence fiscale. La liste hurricane nomme 8 pays qui touchés par les ouragans destructeurs cet été doivent se concentrer sur leur reconstruction et disposent ainsi d’un peu plus de temps pour se mettre à la page.

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