Que s’est-il passé en Europe cette semaine ? (22.01-28.01)

La France de retour, le couple franco-allemand, la lutte contre l’évasion fiscale, la politique irlandaise et les menaces sur l’État de droit en Roumanie, le résumé de l’actualité de la semaine en Europe par Eurosorbonne.

FRANCE : De Versailles à Davos, opération séduction pour le président Macron

Ce lundi 22 janvier, Emmanuel Macron a reçu 140 dirigeants mondiaux au château de Versailles afin d’attirer les investissements étrangers sur le territoire. Parmi les sociétés conviées, Goldman Sachs, Coca-Cola, Danone, Axa, BNP-Paribas, Facebook, Google ou encore Alibaba ont répondu présentes. Le Président français a saisi cette opportunité pour vanter ses récentes réformes, celle sur le travail notamment, afin de démontrer la nouvelle attractivité du pays.

Deux jours plus tard, à Davos (Suisse), lors du Forum économique mondial, qui réunit des chefs d’État, des dirigeants d’entreprises, des journalistes et des intellectuels, il a également fait l’éloge de sa politique pro-business, en scandant « France is back » (La France est de retour), pour asseoir définitivement la place prédominante que veut occuper  la France sur la scène internationale.

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FRANCE-ALLEMAGNE : nouveau traité en vue de la stabilisation de l’Europe

A l’occasion du 55ème anniversaire du traité de l’Élysée, les présidents des assemblées allemande et française, Wolfgang Schäuble et François de Rugy, se sont réunis, lundi 22 janvier, pour discuter de l’avenir de l’Europe et surtout de la place fondamentale du moteur franco-allemand. A cet effet, les deux assemblées ont voté une résolution pour un nouveau traité afin de renforcer la coopération entre les deux pays dans la politique communautaire. A l’ordre du jour, la difficile coalition gouvernementale en Allemagne, le budget de l’UE et la possible création d’un Parlement de la zone euro.

Lors de l’allocution de Wolfgang Schäuble dans l’hémicycle du Palais Bourbon, plus de la moitié des députés français étaient absents, ce qui a provoqué l’ire du président de l’Assemblée nationale. Tous les députés allemands ont en revanche répondu à l’appel, ce qui montre l’importance de cette coopération du côté allemand. La France a, selon M. De Rugy, manqué de hauteur pour un événement aussi important.

EUROPE : La liste noire des paradis fiscaux réduite de moitié

En décembre dernier, le Conseil des ministres des finances de l’Union européenne avait établi une liste noire des paradis fiscaux comprenant 17 pays, à la suite du scandale des Panama Papers et des Paradise Papers. Ce mardi 23 janvier, cette liste a été réduite de moitié. En effet, le Panama, la Corée du Sud, les Émirats arabes unis, la Tunisie, la Mongolie, Macao, les îles de la Grenade et la Barbade sont rétrogradés dans une « liste grise ».

Ces pays, par le biais de lettres signées, ont en effet confirmé leur engagement à respecter les critères pour ne pas être considérés comme paradis fiscal : pratiquer l’échange automatique d’informations, ne pas appliquer des mesures fiscales préférentielles et mettre en œuvre les recommandations de l’OCDE en matière d’évasion fiscale. Cette décision a cependant été critiquée en raison du manque de crédibilité de cette liste, puisqu’elle se vide de moitié seulement un mois après avoir été établie.

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IRLANDE : Succession à la tête du parti Sinn Féin

Samedi 20 janvier, Gerry Adams, le leader du parti nationaliste Sinn Féin depuis 1983, a annoncé que Mary Lou McDonald lui succéderait à partir de février 2018. Soumise au vote, cette succession a été logiquement remportée par Mme McDonald, étant donné qu’elle était la seule à s’être présentée, les autres membres du parti ayant préféré la soutenir.

Parmi les défis qu’attendent la nouvelle recrue, la lutte pour la réunification de l’Irlande et l’accession au pouvoir du parti en Irlande du Nord et en République d’Irlande (le parti est présent dans les deux parties de l’île). Gerry Adams, satisfait de voir son bras-droit prendre son poste, a affirmé qu’il laissait sa place au nom du renouvellement générationnel, pour insuffler un nouvel élan au parti.

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ROUMANIE : La menace sur l’État de droit inquiète l’UE

Et c’est reparti… Après la Hongrie et la Pologne, c’est au tour de la Roumanie de faire l’objet de préoccupations de la part de l’UE. En effet, le pays est en passe de mener une réforme du système judiciaire qui mettrait à mal l’indépendance de la justice et la lutte contre la corruption. Un texte notamment fait grincer des dents, il prévoit que les représentants du pouvoir public ayant commis un délit dont le préjudice est inférieur à 200 000 euros ne soient pas punis. L’UE considère ce retour en arrière dangereux pour l’avenir du pays.

Cette menace sur l’État de droit arrive 100 ans après la naissance de Nicolae Ceausescu, anniversaire qui a fait l’objet de nombreuses commémorations à Bucarest. Pour beaucoup de citoyens roumains, l’ancien dictateur était comme un messie, un grand patriote. Ces nostalgiques de la dictature communiste sont désabusés, la classe politique actuelle n’étant pas à la hauteur de leurs espérances. Près de trente ans après la fin de la dictature, la démocratie roumaine est donc menacée.

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Nicolas Filippi

Nicolas Filippi

Rédacteur au sein du journal d'Eurosorbonne, je suis particulièrement attaché aux questions concernant les droits de l'homme, la démocratie et l'Etat de droit.
Nicolas Filippi

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Rédacteur au sein du journal d'Eurosorbonne, je suis particulièrement attaché aux questions concernant les droits de l'homme, la démocratie et l'Etat de droit.

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