Les Sames : élevages contre forage

Les Sames sont menacés par l’accroissement des activités industrielles au nord de la Suède, de la Norvège et de la Finlande. Retour sur les conditions de vie du dernier peuple autochtone d’Europe.

Les Sames sont considérés comme le seul peuple autochtone d’Europe, c’est-à-dire qu’ils ont été un des premiers peuples présents sur ce territoire. Autrefois appelés Lapons, cette dénomination est désormais considérée comme péjorative. Ils sont entre 70 000 et 100 000, plus de la moitié vivant en Norvège. Répartis sur les territoires du nord de la Norvège, de la Suède, de la Finlande et de la Russie, tous ont les mêmes revendications mais pas la même reconnaissance par ces Etats. Les Sames ont un statut particulier en Russie car ils sont assimilés.

Reconnus comme peuple autochtone dans les trois pays à la fin du XXème siècle, ils ne sont pas explicitement mentionnés dans la constitution suédoise, contrairement à la Norvège et à la Finlande. Ce dernier a  modifié la définition de Same, l’élargissant aux descendants, permettant aux Finlandais d’entrer au parlement sami.

Chacun des pays doit enseigner le same dans ces régions lorsqu’un minimum d’enfants samis étudie. Ces recommandations ne sont pas toujours respectées et cette langue n’est pas obligatoirement parlée lors d’échanges avec l’administration.

La Norvège, un modèle ambigu

La Norvège étant le seul pays à avoir ratifié la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail sur les peuples indigènes et tribaux dans les pays indépendants en 1990, les Sames devraient être davantage protégés dans ce pays. En théorie seulement puisque Jovsset Ante Sara, éleveur de rennes, va faire appel à la Cour européenne des droits de l’Homme. Ayant gagné au procès et en instance le fait de pouvoir garder son troupeau de rennes en totalité, la Cour suprême norvégienne lui a demandé en novembre dernier d’en garder uniquement 75. L’Etat se base pour cela sur la loi de 2007 qui préconise un écosystème durable, insinuant que les ressources naturelles s’épuiseraient du fait de la présence de trop nombreux rennes. Le minimum viable est quant à lui de 200 bêtes par troupeau.

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Cet épisode judiciaire est survenu la même année que la célébration du centenaire de la première rencontre politique du peuple sami, qui s’est déroulée le 6 février 1917. Cette réunion a pour la première fois proclamé l’unité des Sames et a été déclarée fête nationale en 1992.

La pression des industriels s’accentue

Ce peuple autochtone est de plus en plus soumis aux pressions industrielles car leurs territoires correspondent aux réserves minières et d’hydrocarbures. La Suède est constamment soumise à ces tensions, ayant même décidé de déplacer le centre-ville de Kiruna, dans le comté de Norrbotten, pour éviter un affaissement dû à ces activités. Un rapport gouvernemental prévoit une cinquantaine de mines dans le pays en 2030, contre 16 aujourd’hui, ce qui accentue la pression sur les éleveurs. De fait, Norrbotten est une terre d’éleveurs mais concentre aussi 90 % du fer produit en sous-sol dans l’Union européenne. La ville de Kiruna pourrait devenir un symbole car c’est là qu’est situé le parlement sami, le Sametinget, qui a uniquement un rôle consultatif.

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Les activités minières permettant aux populations de se maintenir en offrant une économie stable, en comblant un tourisme, par nature saisonnier,  les habitants ne parviennent pas à s’opposer complètement à ces industriels.

Les revendications des Sames ont autrefois permis l’évolution de leur statut, comme dans les années 70 en Norvège lorsqu’ils se sont opposés au projet de barrage sur la rivière Alta. Le premier parlement a ensuite été mis en place en 1989 dans ce pays.

Les Sames sont donc menacés culturellement et spatialement par les différents gouvernements. La résolution de l’affaire Jovsset Ante Sara pourrait être une indication sur la qualité de vie future.

 

Crédit photo : Pixabay

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