Que s’est-il passé en Europe cette semaine ? (08.10 – 14.10)

Feuilleton Brexit, élections en Bavière, l’Autriche rejette le pacte migratoire de l’ONU et la Suède toujours sans gouvernement : les actualités européennes de la semaine.

BREXIT – Semaine décisive pour la phase finale de négociations

Mercredi dernier, le négociateur en chef de l’Union Européenne (UE) sur le Brexit, Michel Barnier, a estimé qu’un terrain d’entente pourrait être trouvé avant le prochain Conseil européen du 17 octobre. Cet optimisme n’est cependant pas général : « Nous n’y sommes pas encore », a ainsi relativisé le commissaire européen aux Affaires intérieures Dimítris Avramópoulos le 10 octobre.

Le point extrêmement épineux de la frontière irlandaise est encore largement en débat. Les deux parties sont d’accord pour éviter le retour d’une frontière physique entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande. L’UE préconise le maintien de l’Irlande du Nord dans l’union douanière, mais Londres conteste vigoureusement car cela entrainerait une frontière entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni. Un consensus autour d’un texte commun est nécessaire à la tenue de la réunion des conseillers gouvernementaux, prévue pour lundi. Auquel cas les Européens pourraient décider de brandir la menace d’un « no deal », afin d’exercer une ultime pression sur le Royaume-Uni, avant le sommet décisif de mercredi.

Dimanche soir, Michel Barnier démentait des rumeurs selon lesquelles un accord avait été trouvé.

ALLEMAGNE – Élections en Bavière, un scrutin crucial pour Merkel et la CSU

La CSU, parti conservateur dominant dans le Land depuis 1962, a chuté de près de 10 points par rapport aux dernières élections. Pour la formation, alliée à la CDU d’Angela Merkel, c’est une défaite dont la chancelière est responsable. Elle n’a d’ailleurs pas été invitée pour le dernier meeting, comme le veut la tradition. À la place, le président de la CSU et ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, a préféré s’afficher aux côtés du chancelier autrichien Sebastian Kurz. Avec sa ligne conservatrice et anti-migrants, le jeune leader autrichien est un homme apprécié de la CSU, qui tend à avoir un discours de plus en plus à droite.

Pour Angela Merkel, une défaite de la CSU est le signe que le virage à droite réclamé par les conservateurs de son camp n’est pas la stratégie à suivre, mais cela risque d’entrainer une déstabilisation de sa famille politique.

Deux partis apparaissent tirer profit de la chute de la CSU : l’extrême droite et les écologistes. L’AfD (extrême-droite) a recueilli 11% des suffrages, une poussée importante mais en-deçà de ce que l’on pouvait attendre Son score lui permet toutefois d’entrer au parlement régional. Le parti écologiste a, quant à lui, fort à gagner du rejet de certains électeurs de la ligne ultra-droitière de la CSU : avec 18,5% des voix, les Verts ont gagné près de 10 points par rapport aux législatives de 2017.

Lire aussi >>> Élections en Europe : enjeux et échéances de l’année 2018

AUTRICHE – Fortes réserves sur le pacte migratoire de l’ONU

Le gouvernement autrichien a exprimé des réserves sur le contenu du Pacte migratoire de l’ONU, qui doit être entériné en décembre. « Il y a des points qui sont en contradiction avec notre programme de gouvernement », a estimé devant la presse le vice-chancelier Heinz-Christian Strache, patron du parti d’extrême droite FPÖ.

Le FPÖ, parti libéral autrichien au pouvoir, s’oppose totalement à l’immigration et à l’accueil de réfugiés. Heinz Christian Strache a d’ailleurs souligné à plusieurs reprises que « la migration n’est pas un droit de l’Homme ». L’Autriche envisage ainsi de ne pas signer l’accord, dans la lignée de la Hongrie et de la Pologne qui ont déjà annoncé qu’ils ne le signeraient pas.

Lire aussi >>> Autriche : le FPÖ entre au gouvernement et inquiète

SUÈDE – Les conservateurs échouent à former un gouvernement

Le dirigeant des conservateurs suédois Ulf Kristersson avait été chargé de former un gouvernement au début du mois après des élections législatives qui ont débouché, le 9 septembre, sur un parlement bloqué, avec 144 sièges sur 349 pour les sociaux-démocrates (centre-gauche), soit un de plus que l’Alliance de centre-droit.

Ulf Kristersson a échoué à former un gouvernement de coalition de centre-droit. En conséquence, le président du Parlement devra proposer ce mandat à un autre candidat.

Le chef de file des Sociaux-Démocrates, Stefan Lofven, devrait se voir confier à son tour la tâche de former un gouvernement. S’il échoue, Ulf Kristersson pourrait avoir une seconde chance avant que ne soit convoquées des élections anticipées.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *