Que s’est-il passé en Europe cette semaine ? (15.01-21.01)

Instabilité politique en Roumanie et en République Tchèque, la Norvège qui fait un pas important dans sa politique de bien-être animal, et neuf pays européens visés par Bruxelles pour non-respect des normes d’émission. L’actualité européenne de la semaine par Eurosorbonne. 

NORVÈGE : interdiction des élevages d’animaux à fourrure

Parmi les plus importants pays producteurs de fourrure en Europe, la Norvège a annoncé par la voix de son gouvernement vouloir interdire les élevages d’animaux de ce type à l’horizon 2025. Cette nouvelle intervient alors que la population norvégienne se montre majoritairement opposée à la fourrure, et que les débouchés au niveau national sont de plus en plus rares, obligeant les producteurs à exporter.

L’annonce est aussi politique et témoigne de la volonté du gouvernement de mettre en place une politique plus verte. Cela fait notamment suite à l’arrivée au sein de la coalition, jusqu’ici composée des conservateurs et des populistes, d’un parti de centre droit, en pointe sur les questions de défense animal et qui fait déjà preuve d’influence.

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ROUMANIE : démission du Premier ministre

L’instabilité gouvernementale persiste en Roumanie. Sept mois après la démission de Sorin Grindeanu du poste de Premier ministre, c’est son homologue du Parti social-démocrate (PSD), Mihai Tudose, qui est à son tour poussé vers la sortie après avoir perdu le soutien de sa formation politique. Le ministre de la Défense, Mihai-Viorel Fifor, a été nommé pour assurer l’intérim, avant que l’eurodéputée Viorica Dancila ne soit proposée pour succéder à M. Tudose.

Derrière ces départs et arrivées en cascade, se cache la patte de Liviu Dragnea, le chef du PSD. Après le succès de son parti aux élections législatives, il s’était vu refuser le poste de Premier ministre par le Président en raison de ses ennuis judiciaires passés et présents. Depuis, il ne cesse de vouloir placer à la tête du gouvernement un Premier ministre qui lui est favorable. L’opposition dénonce cette situation devenue peu à peu intenable et appel désormais à des élections anticipées.

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RÉPUBLIQUE TCHÈQUE : le gouvernement n’obtient pas la confiance du Parlement

L’homme d’affaire populiste Andrej Babis, à la tête de l’ANO (Action des citoyens mécontents) qui a remporté les élections législatives en octobre dernier sur un programme reposant sur le refus d’accueillir des migrants, la lutte contre la corruption et le rejet de la zone euro, débute bien mal son mandat. Lors du vote de confiance organisé au Parlement mardi 16 décembre, 117 voix sur 200 se sont exprimées contre lui. Un échec pour l’ANO, avec qui aucun autre parti accepte de coopérer. Des accusations de malversations occupent le coeur du refus des autres formations, tout comme la personnalité clivante d’Andrej Babis. Le Président Milos Zeman a toutefois annoncé qu’un nouveau vote pourrait avoir lieu prochainement si une coalition semble envisageable, sans quoi des élections pourraient être convoquées rapidement.

FRANCE – ROYAUME-UNI : accord sur Calais

Sujet sensible dans les relations entre les deux pays ces dernières semaines, la question de la frontière à Calais semble avoir connue une petite évolution. À l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron auprès de Theresa May ce jeudi 18 janvier, un accord de 50 millions d’euros a été trouvé visant à renforcer la sécurité sur ce point de passage privilégié entre la France et le Royaume-Uni. La situation des mineurs non-accompagnés figure également dans l’accord avec la réduction des délais de transfert, passant de six mois à trente jours.

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ENVIRONNEMENT : neuf pays dans le viseur de Bruxelles

Ce vendredi 19 janvier, la Commission européenne a annoncé avoir convoqué neuf pays (France, Allemagne, Espagne, République Tchèque, Hongrie, Roumanie, Slovaquie, Royaume-Uni et Italie) pour non-respect des normes de qualité de l’air. Cette convocation programmée le 30 janvier constitue une première étape dans le cadre des procédures d’infraction quand un pays ne respecte pas les recommandations de la Commission dans ce domaine.

Corentin Gorin

Ex-rédacteur en chef d'Eurosorbonne.

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